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Conseil en propriété industrielle et intelligence artificielle : menace, outil ou révolution ?

L’intelligence artificielle occupe aujourd’hui une place croissante dans de nombreux secteurs d’activité. Les métiers du conseil n’échappent pas à cette évolution. Rédaction, recherche documentaire, analyse de données, comparaison de textes, aide à la reformulation : les outils d’IA générative semblent désormais capables d’intervenir dans des domaines qui relevaient auparavant exclusivement de l’expertise humaine.

 

Dans le domaine de la propriété industrielle, cette évolution soulève une question importante : l’intelligence artificielle représente-t-elle une menace pour la profession de Conseil en propriété industrielle, un simple outil d’assistance, ou une véritable révolution dans la manière d’accompagner les innovateurs ?

 

La réponse est probablement plus nuancée. L’IA peut constituer un outil très utile pour les cabinets de propriété industrielle. Elle permet de gagner du temps sur certaines tâches et d’améliorer l’efficacité de certains processus. Toutefois, elle ne remplace pas le rôle du Conseil en propriété industrielle, dont la mission ne consiste pas seulement à produire des documents, mais à construire une stratégie de protection adaptée à chaque projet.

I. L’IA, un outil déjà utile en propriété industrielle

L’intelligence artificielle peut apporter une aide concrète dans plusieurs aspects du travail quotidien en propriété industrielle.

 

Elle peut notamment être utilisée pour réaliser de premières recherches documentaires : identifier des documents techniques pertinents, comparer plusieurs textes, extraire des informations, reformuler certains passages ou encore proposer des variantes rédactionnelles.

 

Dans le cadre d’un cabinet de conseil en propriété industrielle, ces usages peuvent représenter un gain de temps important. Certaines tâches préparatoires, longues ou répétitives, peuvent être accélérées. Cela permet au professionnel de consacrer davantage de temps à ce qui fait réellement la valeur de son intervention : l’analyse, le raisonnement juridique et technique, la stratégie de protection et l’accompagnement du client.

 

L’IA peut donc être vue comme un outil d’assistance. Elle peut aider à explorer plus rapidement un sujet, à structurer une première réflexion ou à faciliter le traitement d’informations complexes. Utilisée correctement, elle peut améliorer l’efficacité d’un cabinet et contribuer à rendre certains échanges plus fluides.

 

II. Mais l’IA ne comprend pas toujours la portée réelle d’un brevet

Malgré ses qualités, l’intelligence artificielle présente aussi des limites importantes, en particulier lorsqu’il s’agit de propriété industrielle.

 

Un brevet ne se résume pas à un texte bien rédigé. Sa valeur dépend notamment de la portée des revendications, de la qualité de la description, de la cohérence entre les caractéristiques techniques, de la distinction par rapport à l’état de la technique et de la capacité du titre de propriété industrielle (brevet, Certificat d’Utilité…) à soutenir une stratégie commerciale ou défensive.

 

Or, l’IA peut proposer une formulation qui semble correcte à première vue, mais qui réduit involontairement la portée de la protection. Elle peut ajouter une limitation inutile, oublier une variante importante ou ne pas mesurer les conséquences juridiques d’un choix rédactionnel.

 

En matière de brevet, un mot peut parfois changer la portée d’une revendication. Une formulation trop étroite peut rendre le brevet facile à contourner. Une formulation trop large peut l’exposer à des objections de nouveauté, d’activité inventive ou d’insuffisance de description. C’est précisément dans cet équilibre que l’intervention du Conseil en propriété industrielle est déterminante.

 

III. Identifier une différence ne suffit pas : encore faut-il l’analyser

L’intelligence artificielle peut comparer deux documents et repérer des similitudes ou des différences. Elle peut aider à établir une première grille de lecture entre une invention et un document antérieur.

 

Mais en propriété industrielle, la question n’est pas seulement de savoir s’il existe une différence : il faut également déterminer si cette différence est techniquement pertinente, si elle produit un effet technique, si elle peut fonder une activité inventive, si elle est suffisamment décrite, et, si elle peut être utilement revendiquée.

 

Cette analyse nécessite une compréhension à la fois technique, juridique et stratégique. Elle suppose de connaître les critères appliqués par les offices de propriété industrielle, les pratiques d’examen, la jurisprudence, mais aussi les objectifs commerciaux du déposant.

 

Une différence mineure sur le plan technique peut être insuffisante pour obtenir un brevet solide. À l’inverse, une caractéristique apparemment simple peut parfois constituer un élément clé de brevetabilité si elle résout un problème technique de manière non évidente.

 

L’IA peut assister l’analyse, mais elle ne remplace pas le jugement professionnel.

 

IV. Protéger une innovation, ce n’est pas seulement rédiger un document

La protection d’une innovation ne se limite pas à la rédaction d’une demande de brevet, d’un dépôt de marque ou d’un dessin et modèle. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large.

Avant de déposer, il faut comprendre le projet, identifier les éléments réellement innovants, anticiper les variantes, évaluer les risques, tenir compte du marché, des concurrents, du calendrier de développement, du budget disponible et des objectifs de l’entreprise.

  • Faut-il déposer un brevet ?
  • Faut-il garder certains éléments secrets ?
  • Faut-il protéger d’abord en France, puis envisager une extension européenne ou internationale ?
  • Faut-il déposer une marque en parallèle ?
  • Faut-il prévoir une stratégie de défense ou de valorisation ?
  • Faut-il adapter la rédaction pour tenir compte d’un futur produit, d’un partenaire industriel ou d’une levée de fonds ?

Ces questions ne peuvent pas être traitées uniquement par un outil automatisé. Elles nécessitent un échange avec le porteur de projet, une compréhension fine de son activité et une capacité à anticiper les conséquences futures des choix réalisés au moment du dépôt.

V. Le rôle essentiel du Conseil en propriété industrielle

Le Conseil en propriété industrielle (CPI) accompagne donc les entreprises, les inventeurs, les start-up et les porteurs de projets dans la protection, la défense et la valorisation de leurs innovations.

 

Son rôle ne consiste pas uniquement à rédiger des documents techniques ou juridiques. Il consiste à transformer une innovation en un actif de propriété industrielle utile, exploitable et cohérent avec la stratégie de l’entreprise.

 

Cela implique notamment :

  • D’identifier ce qui mérite réellement d’être protégé
  • De choisir le ou les bons outils de protection
  • De rédiger des titres de PI solides et adaptés
  • D’anticiper les objections des offices
  • De limiter les risques de contournement
  • D’évaluer les risques par rapport aux droits des tiers
  • D’accompagner les réponses aux rapports de recherche ou aux lettres officielles
  • De conseiller sur les extensions à l’étranger
  • De préparer, si nécessaire, une stratégie de défense ou de négociation

L’IA peut assister certaines de ces étapes, mais elle ne porte pas la responsabilité de la stratégie. Elle ne connaît pas toujours le contexte commercial, les contraintes réelles du client, les objectifs à moyen terme ou les enjeux concurrentiels.

Une révolution dans les méthodes, pas une disparition du conseil

L’intelligence artificielle va probablement modifier durablement les méthodes de travail en propriété industrielle. Elle peut permettre d’aller plus vite, de traiter davantage d’informations, de faciliter certaines recherches et d’améliorer la productivité.

 

Mais cette évolution ne signifie pas que le Conseil en propriété industrielle devient inutile. Au contraire, plus les outils automatisés se développent, plus la valeur du conseil humain se déplace vers l’analyse, la sélection, la vérification et la stratégie.

 

L’enjeu n’est donc pas d’opposer l’intelligence artificielle au Conseil en propriété industrielle. L’enjeu est de comprendre comment utiliser l’IA comme un outil au service d’un accompagnement plus pertinent, plus réactif et plus stratégique.

 

L’IA peut être un excellent assistant. Elle peut accélérer certaines étapes. Elle peut aider à structurer une réflexion. Mais elle ne remplace pas l’expérience, le recul, la responsabilité professionnelle et la compréhension globale d’un dossier.

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Serrage de main illustrant un accord de licence de brevet ou de marque entre partenaires

Masimo vs Apple : Bataille juridique pour les montres connectées

Masimo, société spécialisée dans la surveillance médicale, et Apple, géant de l’électronique grand public, se sont affrontés dans une bataille juridique autour de la technologie de mesure de l’oxymétrie de pouls (SpO2) dans les Apple Watch. Cette affaire, qui a débuté en 2020 et se poursuit avec de nouvelles évolutions, illustre l’importance des brevets dans l’industrie des technologies portables et leurs implications pour les utilisateurs.

L'origine du litige

En mai 2022, Masimo dépose une plainte contre Apple auprès de la Commission du commerce international (ITC) et d’un tribunal californien. La plainte accuse Apple d’avoir violé plusieurs brevets de Masimo liés à la technologie SpO2 utilisée dans les Apple Watch Series 6, 7, 8 et Ultra. Cette technologie, développée et brevetée par Masimo en 2013, permet de mesurer le taux d’oxygène dans le sang. 

 

Le litige est rendu plus complexe par le fait qu’un ingénieur, ayant participé à ces brevets chez Massimo, ait rejoint Apple en 2014 pour travailler sur les futures Apple Watch.  

La notion de "moniteur patient"

Un point central de l’affaire est de déterminer si l’Apple Watch peut être considérée comme un “moniteur patient”. Ce terme désigne les dispositifs capables de mesurer des paramètres vitaux tels que le rythme cardiaque, la fréquence respiratoire, la tension artérielle ou le taux d’oxygène dans le sang.

Les avocats de Masimo ont mis en avant le fait que chaque Apple Watch agit comme un moniteur de fréquence cardiaque, se basant notamment sur des documents internes d’Apple où la montre est qualifiée de “moniteur cardiaque le plus utilisé dans le monde”. Apple, de son côté, a contesté cette définition. La marque souligne que ses montres ne réalisent pas de surveillance clinique et que la mesure du rythme cardiaque nécessite que le porteur soit immobile pendant 10 minutes.

Le jury a cependant donné raison à Masimo, considérant la montre comme un “moniteur patient” et reconnaissant la violation de brevet. 

Conséquences juridiques

En Octobre 2023, L’ITC avait initialement statué en faveur de Masimo, interdisant Apple d’importer et de vendre certains modèles aux États-Unis. Cette interdiction avait été temporairement suspendue par le président américain Biden quelques jours plus tard, pour des raisons d’intérêt public et en attendant le jugement qui se fera en cour d’appel.

Depuis le 25 décembre 2023, les deux derniers modèles d’Apple Watch sont interdits à la vente aux États-Unis. Parallèlement, l’ITC a ouvert une nouvelle procédure afin de déterminer si la version mise à jour de l’oxymètre devrait également faire l’objet d’une interdiction similaire. La justice américaine doit encore se prononcer sur cette suspension, mais Apple pourait retirer la fonction oxymètre plutôt que de payer des royalties à Masimo.

Une affaire stratégique pour Masimo

Cette bataille juridique est un exemple de la manière dont de petites entreprises peuvent défendre leurs innovations face à des géants technologiques. Même si le brevet avait expiré en 2022, il concernait 43 millions d’Apple Watch vendues et le verdict reste une victoire symbolique et financière pour Masimo. Apple, qui avait déjà été contraint de modifier ou retirer certaines des fonctionnalités de ses montres pour respecter les brevets, conteste toujours la décision et prévoit de faire un appel. 

Conclusion

L’affaire Masimo contre Apple illustre les défis juridiques et stratégiques de l’industrie des technologies portables. Entre protection des innovations médicales et compétitivité dans le marché des montres connectées, cette bataille montre que la propriété intellectuelle reste un enjeu crucial. Un enjeu capable d’influencer la conception et la commercialisation des produits grand public.

Quelques inventions brevetées liées au COVID-19

Si la pandémie due au SARS-CoV-2 a eu un impact économique, sociétal, et démographique à l’échelle mondiale, elle a également contribué à l’émergence de nouvelles inventions liées à la crise sanitaire. En ce sens, de nombreux brevets ont été déposés au cours de cette pandémie, et concernent des traitements spécifiques dirigés contre SARS-CoV-2, ou des inventions plus « originales » pour la prévention.

Le masque anti-COVID-19 avec système d’alarme de protection pour les yeux, le nez et la bouche intégré

En moyenne, une personne touche son visage environ 23 fois par heure, souvent sans en être consciente. Cette habitude en temps de crise sanitaire liée à la propagation de virus, amplifie les risques d’infections, car une fois qu’un individu touche avec ses doigts des surfaces infectées, et sans avoir pris le temps de procéder à une désinfection des mains par la suite, il lui suffit de toucher son visage pour favoriser l’entrée des pathogènes via les muqueuses telles que la bouche, le nez et les yeux.

C’est dans le but de limiter cette mauvaise habitude qu’un brevet indien IN202031044170 a été déposé le 4 décembre 2020 par Sankha Dey, Sarthak Chatterjee, Saikat Pal, et Dr. Biswarup Neoget. Il concerne un masque facial électronique qui vise à réduire de manière significative la transmission de maladies infectieuses en empêchant les individus de se toucher le visage.

L’individu doit porter, des bracelets et des bagues ayant des aimants permanents, de sorte que, lorsque la distance entre les aimants du bracelet et un capteur dit à effet Hall, disposé sur un chapeau ou un collier par exemple, est inférieure à une distance prédéfinie (ou prédéterminée), une alerte sonore et par vibration est émise pour que la personne s’arrête de se toucher la bouche, le nez ou les yeux. En effet, lorsque le pôle sud d’un aimant se rapproche du capteur à effet Hall, le champ magnétique de l’aimant rend actif le capteur à effet Hall unipolaire et génère un courant de sortie. Avec l’aide de l’unité de contrôle, le courant de sortie amplifié va activer le buzzer qui permet l’émission de vibration.

 
Cette innovation est non seulement applicable pour protéger contre la COVID-19, mais elle est également applicable pour se protéger de diverses maladies comme la grippe, le rhume etc.

Le masque anti-virus à haute température

Actuellement, les masques sont portés afin de bloquer et de filtrer les bactéries ou virus nocifs, mais ne contribuent pas à l’élimination de ces pathogènes.

C’est ainsi, qu’une équipe chinoise a déposé le 26 mai 2020 le brevet CN111194953, portant sur un masque permettant l’élimination de virus par haute température.

L’extrémité supérieure du microtube (210) à haute température s’étend hors du chapeau afin d’aspirer l’air. L’énergie est fournie grâce à l’alimentation électrique disposée sur le chapeau. Ainsi le fil de résistance est excité pour générer de la chaleur de sorte que la température dans le microtube à haute température (210) atteigne environ 200 °C. Ensuite, l’utilisateur inspire l’air extérieur dans le microtube à haute température (210) ce qui permet de tuer les virus dans un environnement de température supérieur à 56 °C. Puis, l’air est refroidi à travers le tube de refroidissement jusqu’à atteindre une température normale. Enfin l’inhalation de l’utilisateur est filtrée par l’intermédiaire d’une valve respiratoire de sorte que l’air de l’utilisateur ne contient pas de nouveaux virus.

Le masque pour prévenir et traiter la COVID-19 à base de plantes médicinales chinoises

Le brevet chinois CN111759945 déposé le 13 octobre 2020, fait référence à un masque chirurgicale, comprenant en son intérieur une couche composée de molécules aromatiques utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise.

Après inhalation, le médicament à base de molécules aromatiques dont par exemple l’ipomopsis aggregata, ou l’ absinthe, peut stimuler la muqueuse nasale, exciter le système nerveux, augmenter la teneur en immunoglobulines sécrétoires sur la muqueuse nasale, stimuler en continu le système immunitaire du corps humain, favoriser la génération d’anticorps et empêcher les virus d’envahir le corps humain, ce qui, à terme, a pour objectif de prévenir et traiter la COVID-19 et d’autres maladies infectieuses.

Le corps du masque comprend une couche permettant le blocage d’eau, une couche filtrante, une couche d’absorption d’eau de l’extérieur vers l’intérieur, ainsi qu’une couche contenant les molécules aromatiques propres à la médecine traditionnelle chinoise, disposée entre la couche filtrante et la couche d’absorption d’eau.

Cette version améliorée du masque chirurgicale classique repose sur le principe que les composants de la médecine traditionnelle chinoise du sachet vont pénétrer dans les poumons par les voies respiratoires et vont directement être mélangés dans le sang. Enfin, transfuser tout le corps permet de se débarrasser du virus, et d’améliorer sa propre immunité et, a donc, un objectif thérapeutique.

La levée des brevets sur les vaccins contre la Covid-19 : une fausse bonne idée ?


Contexte


Alors que la demande en vaccins contre le SRAS/COV2 s’accroît, une éventuelle « levée des brevets » sur les technologies permettant la fabrication des vaccins contre la Covid-19 fait débat. Les défenseurs d’un tel recours plaident pour une augmentation de la production de vaccins qui plus est, ont été financés, en partie, par l’argent public. La levée de ces brevets permettrait également de bénéficier aux pays plus défavorisés dont l’apport en vaccin dépend des états producteurs. 


Les brevets sont-ils un frein à la production de vaccins ?


Selon les entreprises pharmaceutiques et les spécialistes de la propriété intellectuelle, le réel obstacle quant à l’augmentation de la production des vaccins n’est pas la protection des brevets mais les difficultés de maîtrise de la technologie et du savoir-faire notamment pour produire l’ARN messager entrainant des retards et des problèmes de qualité, des délais d’obtention des autorisations réglementaires et de distribution, et des potentiels problèmes d’approvisionnements en matières premières qui seraient davantage importants si s’ajoute aux actuels fabricants, l’arrivée de nouveaux concurrents.


Des solutions déjà existantes


Si le terme « levée des brevets » n’a pas de sens en tant que tel, des procédures ont d’ores et déjà étaient mises en place afin de faciliter la production de vaccins. En effet, le Traité sur les ADPIC (i.e. aspects des droits de propriété intellectuelle concernant le commerce) adopté depuis 1994, prévoit le mécanisme de la licence d’office dans l’intérêt de la santé publique. Grâce à la licence d’office, le titulaire de brevet peut être contraint de concéder une licence rémunérée à d’autres laboratoires si sa capacité de production de vaccins n’est pas suffisante. Un tel dispositif était déjà utilisé dans le cadre de la lutte contre certaines maladies infectieuses (VIH, Ébola etc.) au sein des pays moins développés ou en voie de développement. Il est désormais évident que l’utilisation des licences d’offices soit généralisée afin d’accélérer l’endiguement de la pandémie causée par SRAS/COV2.


Enfin, suite à la décision du Directeur général de l’INPI (i.e. Institut National de la Propriété intellectuelle) n°2021-65 du 21 avril 2021, la délivrance accélérée des demandes de brevets et des certificats d’utilité relatifs aux traitements ou dispositifs anti Covid-19 ou à son diagnostic, a été instaurée. Celle-ci prévoit de délivrer dans le délai de vingt-quatre mois à compter du dépôt, les demandes de brevets éligibles. Une telle accélération vise à participer à l’effort pour vaincre la pandémie actuelle, et ne concerne que les traitements ou dispositifs anti Covid-19 ayant donné lieu à une AMM (i.e. Autorisation de Mise sur le Marché), une demande d’essai clinique, ou à une demande d’évaluation de conformité (marquage CE).


Des exceptions à la brevetabilité


La CBE (i.e. La Convention sur le brevet européen) ne définit pas « l’invention » en tant que telle, mais donne une liste non exhaustive de ce qui ne peut être considéré comme une invention. Même si, afin qu’un brevet soit délivré à une invention, peu importe son domaine technologique, cette dernière doit être nouvelle, impliquer une activité inventive et être susceptible d’application industrielle, certaines « inventions » dérogent à la règle.


D’après l’article L611-16 CPI : « Ne sont pas brevetables les méthodes de traitement chirurgical ou thérapeutique du corps humain ou animal et les méthodes de diagnostic appliquées au corps humain ou animal. ». L’exception à la brevetabilité s’inscrit dans une démarche de protection de l’exercice de la médecine. En effet, l’objectif visé est d’assurer que l’exercice de la médecine ne soit pas entravé par des brevets.


Ainsi, tout brevet impliquant des méthodes chirurgicales réalisées par le praticien, des méthodes de traitements (curatifs ou prophylactiques) ou des méthodes de diagnostic appliquées au corps humain ou animal, n’est pas brevetable. A titre d’exemple, l’OEB (i.e.  L’Office Européen des Brevets) fait référence à un procédé de fabrication d’une endoprothèse en dehors du corps humain, qui exige la mise en œuvre d’une étape chirurgicale pour prendre les mesures, et qui est non brevetable.


Néanmoins, les instruments et appareillages chirurgicaux, thérapeutiques ou de diagnostic devant être utilisés dans ces méthodes ne sont, quant à eux, pas exclus de la brevetabilité.


Source:

Décision de l’INPI 2021-65 relative à la délivrance accélérée des demandes de brevets ayant pour objet un traitement au diagnostic ou au traitement de la COVID

https://www.inpi.fr/fr/nationales/procedure-de-delivrance-acceleree-de-brevets-dans-le-cadre-de-la-lutte-contre-la-covid-19